COCHEREAU

Raretés et Inédits
SOCD365/84

Il ne s’agit pas ici d’une simple réédition de gravures précédemment publiées par Solstice quand bien même nombre d’étapes essentielles ne pouvaient manquer à l’appel de ce portrait choisi. C’est avant tout à une complète réévaluation du legs phonographique du concertiste que le mélomane est convié, Pierre Cochereau, en toute fidélité, s’évadant dès lors de l’univers démesuré mais clos de sa cathédrale, sans cesser un instant d’être lui-même : l’organiste de Notre-Dame. Quelque 74% d’enregistrements inédits au disque, et la preuve par la musique, répertoire et improvisation mêlés, que si Cochereau puisa au plus profond sa manière et son style tant à la source de Notre-Dame que dans la continuité d’un symphoniste comme Louis Vierne, sa personnalité trouva ailleurs également à s’affirmer, dans l’unité du musicien et sa propre modernité.
Michel Roubinet

EAUX-FORTES

Kirill Zvegintsov, piano
SOCD362

Il existe un "imaginaire à la française" et les eaux-fortes de Jacques Callot, les sous-bois de Corot et les lointains des paysages de Watteau en témoignent, recélant des mystères, des incertitudes, des peurs inavoués. La chimère est mélancolie et songe, et elle peut être aussi terrifiante. Il y a une violence étrange dans les trilles du grand Couperin, dissimulée sous les rubans. Debussy avance masqué. Jacques Lenot entretient jalousement son jardin secret et Georges Hugon, au destin apparemment si lisse et rangé, évoque l’ombre de Shakespeare pour libérer ses fantasmes à la Scarbo.
Le fonds de Dotation "Galaxie-Y" se donne, en dehors de son projet pédagogique autour de l’œuvre de Kurtág, la mission de faire revivre, grâce à cette collection en devenir, ces musiques de France presque "antiques" ou parfois de fraîche date, en tous les cas follement inspirées.
Françoise Thinat

EDITH CANAT DE CHIZY

Visio
SOCD359

S’il fallait cerner au plus près l’univers sonore d’Edith Canat de Chizy, ce sont les mots d’énergie, de tension et de mouvement qui viendraient spontanément à l’esprit tant cette musique de l’urgence semble projetée vers un ailleurs dicté par l’imaginaire. C’est une des raisons pour laquelle la compositrice réfute tout système qui malmènerait son esprit d’invention et risquerait de dévier sa trajectoire.
Michèle Tosi

LE LYRISME DRAMATIQUE

Liszt et Moussorgski, par Yuki Kondo
SOCD356

Le rapprochement opéré par le présent programme entre Franz Liszt (1811-1886) et Modeste Moussorgski (1839-1881) pourrait n’apparaître que comme un choix délibéré, que justifierait seule la virtuosité déployée dans les pages pianistiques de l’un et l’autre. À y mieux regarder cependant, il devient clair que par-delà le trajet de Mazeppa, qui inspire à Liszt l’un de ses plus célèbres poèmes symphoniques, les deux musiciens ont en commun ce tropisme slave pour un lyrisme dramatique, une inscription dans le romantisme des écoles nationales,dont tous deux sont d’importants représentants.
De Franz Liszt à Modeste Moussorgski, la virtuosité et le renouvellement de l’écriture pianistique sont les vecteurs d’un chant de l’âme, deses attaches terrestres à ses aspirations transcendantes, et c’est précisément à ce voyage que Yuki Kondo nous convie à travers le présent programme.
Lionel Pons

JEANNE-MARIE DARRÉ

Joue Camille Saint-Saëns
SOCD363/4

Au même titre que celui d’autres pianistes de sa génération, le nom de Jeanne-Marie Darré est largement tombé dans l’oubli. Sans doute fut-il parfois moqué par quelques mauvaises langues en manque de sarcasmes qui y voyaient la quintessence d’une “certaine école française de piano” surannée et agonisante – l’apparition de l’école russe ayant entre autres facteurs précipité son déclin. Marguerite Long qui fut un des deux principaux maîtres de Jeanne-Marie Darré sera en première ligne de ces attaques. Son pianisme et son enseignement furent vilipendés au motif d’une technique que d’aucuns jugeaient trop exclusivement digitale, responsable de raideurs corporelles et d’un jeu de “machine à écrire” par trop mécanique, impropre au legato. Pourtant, si Jeanne-Marie Darré fut nourrie à cette “école”, elle aura su non seulement en transcender les “limites”, mais plus encore en aura fait jaillir les derniers feux avec une rare incandescence.
Olivier Mazal

LIPATTI - LE DERNIER RÉCITAL

À partir de la bande originale
SOCD358
  

La présente édition du dernier récital de Dinu Lipatti au festival de Besançon – dont on sait les conditions dramatiques dans lesquelles il s’est déroulé – s’est fixé pour but d’en donner pour la première fois une version non seulement complète mais se référant aux meilleures sources. Et c’est encore une fois grâce à l’INA que, par chance, nous avons retrouvé la bande originale de 1950, enregistrée avec les moyens de la Radiodiffusion Française (R.T.F.). Solstice a choisi d’éditer ce récital tel que conservé sur les bandes originales, avec la présence de souffle : il s’agit là d’un choix artistique et d’un souci d’authenticité. Avec toutes les réserves d’usage, nous sommes donc fondés à tenir la présente version pour historique.
Yvette Carbou

EX TENEBRIS LUX

Ensemble Les Zippoventilés
SOCD354

La Semaine sainte est sans aucun doute la période la plus dense de l’année liturgique chrétienne ; elle porte seule l’essentiel du sens et du mystère de la foi. Ce temps fut une source d’inspiration pour la plupart des compositeurs baroques. Nous avons choisi d’illustrer cette Semaine à travers plusieurs Leçons de Ténèbres. Le genre est assez ambigu dans le paysage musical de l’époque : il est indispensable de créer une musique sobre pour répondre à l’exigence liturgique en rappelant l’intimité mélismatique du grégorien mais, malgré cela, les œuvres font montre d’une grande sophistication et d’une expressivité toute baroque, n’hésitant pas à faire un usage syllabique du texte.
Benoît Dumon

DIEGO TOSI

Sarasate - Gounod
SOCD353

On notera que ces trois grandes variations de Sarasate sont des compositions de jeunesse. Néanmoins, on y trouve déjà une manière assez synthétique de développer les thèmes principaux. C’est en tenant compte de cela que je me suis autorisé à repartir de ces compositions pour aller si possible encore plus loin tout en respectant la volonté première de leur auteur.
L’instrumentation pour orchestre à cordes que j’ai voulu généraliser m’a semblé bien appropriée pour procurer au soliste un soubassement, une concertation, un combat ou une discussion dans le même grain sonore.
Daniel Tosi