Yvonne Lefébure

Enregistrements Inédits, Vol. 4
SOCD389/90
     

La pianiste à laquelle FY-Solstice rend hommage avec la publication de ces enregistrements rares et pour certains inédits appartient à l’histoire de la musique en France au XXème siècle. Elle en a été une actrice majeure à travers son enseignement, sa participation à de nombreuses émissions de radio, ses concerts et récitals et bien évidemment grâce aux disques qu’elle a enregistrés, dès avant la Seconde Guerre mondiale à laquelle elle a participé en s’engageant dès les premiers jours dans la Résistance. Yvonne Lefébure était à bien des égards une femme extraordinaire et une musicienne dont la liberté de jugement ne s’embarrassait guère de diplomatie, ce qui a pu nuire au développement de sa carrière internationale [...]. Lefébure était avant tout une musicienne et une femme libre dans un monde qui l’était peu.
Alain Lompech

DINU LIPATTI - SAMSON FRANÇOIS

Dans les harmoniques d’Yvonne Lefébure...
SOCD387
  

Fêtons la lumière et la nuit qui se croisent quand tous les loups sont gris, décomptent les jours, égrènent ces années qui filent et arrachent à notre affection artistique les musiciens qui continuent de vivre dans la conscience des musiciens et du public. Le soleil, c’est Dinu Lipatti jouant avec Herbert von Karajan le Mozart du rayonnant Concerto en ut majeur K. 461, Jupiter souriant qui surgit des nuages pour éclairer le monde. La nuit, c’est Samson François dans le Prokofiev bondissant comme une panthère noire du rare 5ème Concerto pour piano que Leonard Bernstein lui accompagne à New York, ville qui était faite pour le pianiste qui aimait tant le jazz et la chanson et qui pourtant ne l’adoubera pas. Les liens sont là. Dénouons-les.
Alain Lompech

COCHEREAU

Raretés et Inédits
SOCD365/84
     

Il ne s’agit pas ici d’une simple réédition de gravures précédemment publiées par Solstice quand bien même nombre d’étapes essentielles ne pouvaient manquer à l’appel de ce portrait choisi. C’est avant tout à une complète réévaluation du legs phonographique du concertiste que le mélomane est convié, Pierre Cochereau, en toute fidélité, s’évadant dès lors de l’univers démesuré mais clos de sa cathédrale, sans cesser un instant d’être lui-même : l’organiste de Notre-Dame. Quelque 74% d’enregistrements inédits au disque, et la preuve par la musique, répertoire et improvisation mêlés, que si Cochereau puisa au plus profond sa manière et son style tant à la source de Notre-Dame que dans la continuité d’un symphoniste comme Louis Vierne, sa personnalité trouva ailleurs également à s’affirmer, dans l’unité du musicien et sa propre modernité.
Michel Roubinet

MARIE-CLAIRE ALAIN

Joue à Notre-Dame de Paris
SOCD388
  

La présence de Marie-Claire Alain à Notre-Dame de Paris fut rare : cinq concerts en tout. Aussi, la publication de ces deux témoignages est-elle d’autant plus précieuse. La sélection réunie sur ce disque illustre la capacité unique de l’organiste française à choisir dans la palette de l’instrument de Notre-Dame la sonorité idoine pour chaque type de pièce. Aurélie Decourt

GUILLOU JOUE GUILLOU

À Notre-Dame de Paris
SOCD386
     

Un mot ici pour évoquer la manière dont on aura pu entendre sonner, tout au long de ce programme, le grand orgue de Notre-Dame de Paris. Ce dernier passait, à l’époque, pour connaître une étonnante et féconde existence symbiotique avec Pierre Cochereau son titulaire, ce dernier, ouvertement amoureux de son alter ego, sachant notoirement le faire parler comme nul autre pareil. Or, c’est incontestablement un orgue “Guillou” qui, sous beaucoup d’aspects, s’est crânement exprimé ici durant près de quatre vingt minutes, mué en un kaléidoscope sonore à maints égards inhabituel. Faut-il s’en étonner ? Sans doute pas, si l’on ose rapprocher cet être aux huit mille voix des plus grandes phalanges orchestrales aptes à se transformer instantanément et contre leurs traditions, aux seules fins de se plier aux désirs esthétiques souvent contradictoires des plus grands chefs. C’est même à cela qu’on les reconnaît : des ressources inépuisables, une identité forte, capable toutefois d’adaptation ou de métamorphose, mais sans reniement.
Vincent Crosnier

CHOPIN

Yuki Kondo
SOCD385

Comment évoquer le piano de Chopin tant l’œuvre du compositeur polonais reste indissociable d’un instrument qu’il a toujours considéré comme son médiateur : depuis le Rondo Op. 1, écrit à Varsovie en 1825, jusqu’à la Mazurka Op. 68 No. 4 jetée sur le papier en 1849 Place Vendôme, peu de temps avant sa mort à l’âge de trente-neuf ans ? Tous les exégètes ont tenté d’approcher le mystère d’une musique qui, selon la belle formule de Vladimir Jankélévitch, “exprime l’inexprimable à l’infini” [...] La clarté de la ligne, la transparence des accords les plus complexes, les combinaisons de timbres préparent à Debussy et Scriabine, voire Messiaen. On a pu dire que Liszt pensait à l’orchestre en écrivant pour le piano ; Chopin, au contraire, n’a songé qu’au clavier dont il a perçu toute la profondeur humaine jusqu’à en faire sa seule source d’inspiration. “Parler de la musique de Chopin, ce sera en quelque sorte la jouer ensemble – et peu importe que le clavier soit fait de rêves ou d’ivoire.” (André Boucourechliev).
Michel Le Naour