YVONNE LEFÉBURE

Enregistrements inédits, Volume 5
SOCD398/99

Ce n’est pas le chant du cygne... tout juste un “Au revoir” à la grande pianiste française dont nous avons eu l’immense privilège d’éditer les enregistrements. Depuis sa disparition en 1986, pour pérenniser sa mémoire, j’ai abondamment puisé dans le fonds Y.L. conservé à l’INA, mais je n’imaginais pas y découvrir encore d’autres pépites grâce en effet à une série d’émissions initiée par Rémy Stricker (son ancien élève), intitulée “Que savons-nous de la musique ?” – une sorte de panorama de la littérature pianistique. Cette manne constitue la source principale des œuvres présentées ici. L’on y trouve naturellement les œuvres “phares” de ses compositeurs de prédilection mais dont l’écoute jamais ne lasse tant la pianiste aux exigences jamais atteintes nous donne à entendre des versions de l’instant – toujours différentes... et l’on comprend ici d’autant mieux le dilemme entre la musicienne et l’interprète.
Yvette Carbou

SYMPHONIES DE WIDOR - MIRACLE !

Pierre Labric à Saint-Ouen
SOCD396

De longue date, Yvette et moi n’avons eu de cesse de tirer de l’oubli l’œuvre enregistrée de Pierre Labric. À cet indispensable travail de mémoire, manquaient encore les symphonies de Widor enregistrées en 1971 et qui, publiées d’abord aux États-Unis chez Musical Heritage Society sous forme d’un coffret vinylique vite épuisé, firent l’objet par la suite de transferts pirates. L’édition américaine souffrant d’une gravure médiocre, nous hésitâmes longtemps à nous en inspirer jusqu’au jour où survint le miracle : informé de nos problèmes, un médecin rouennais nous apprit en effet qu’il venait d’acquérir dans une vente aux enchères (!) bon nombre des bandes du fonds original. C’est ainsi que cinquante ans après leur enregistrement (auquel je fus admis à prendre une modeste part), nous nous trouvons en mesure de rendre vie aux Cinquième et Sixième Symphonies, ces compositions quasi jumelles puisque écloses pratiquement la même année. Cette réédition (juin 2022) ne pourra que réjouir son prestigieux interprète qui fêtera, le même mois, son 101ème anniversaire.
François Carbou

GABRIEL PIERNÉ

Saint François d’Assise
SOCD392/3
  

Dans le vaste panorama de la musique française au tournant du siècle, il est de ces noms familiers dont on ne saurait soupçonner la véritable importance tant ils se trouvent généralement résumés en quelques phrases laconiques reléguées en notes de bas de page. Souvent réduit à ses seules activités de chef d’orchestre, Gabriel Pierné est de ceux-là. Certes, au pupitre des Concerts Colonne, il s’affirma entre 1910 et 1932 comme l’un des plus ardents défenseurs de la musique traditionnelle et d’avant-garde, assurant la création d’œuvres aussi fondamentales que L’Oiseau de feu de Stravinsky (1910), Ibéria de Debussy (1910) ou Daphnis et Chloé de Ravel (1911). Mais si ces titres de gloire devaient à eux seuls justifier son entrée dans les livres d’histoire, la remarquable qualité de son œuvre musicale mérite tout autant qu’on s’y attarde.
Cyril Bongers

COCHEREAU

Raretés et Inédits
SOCD365/84
     

Il ne s’agit pas ici d’une simple réédition de gravures précédemment publiées par Solstice quand bien même nombre d’étapes essentielles ne pouvaient manquer à l’appel de ce portrait choisi. C’est avant tout à une complète réévaluation du legs phonographique du concertiste que le mélomane est convié, Pierre Cochereau, en toute fidélité, s’évadant dès lors de l’univers démesuré mais clos de sa cathédrale, sans cesser un instant d’être lui-même : l’organiste de Notre-Dame. Quelque 74% d’enregistrements inédits au disque, et la preuve par la musique, répertoire et improvisation mêlés, que si Cochereau puisa au plus profond sa manière et son style tant à la source de Notre-Dame que dans la continuité d’un symphoniste comme Louis Vierne, sa personnalité trouva ailleurs également à s’affirmer, dans l’unité du musicien et sa propre modernité.
Michel Roubinet

MAURICE EMMANUEL - ENREGISTREMENTS HISTORIQUES

Œuvres symphoniques et de chambre
SOCD397

A l’occasion de la parution de ce nouvel opus consacré à des œuvres de Maurice Emmanuel, j’aimerais saluer le travail considérable effectué de longues années durant par Anne Eichner, petite-fille du compositeur qui, par son engagement constant et son fidèle soutien tant aux éditeurs qu’aux musiciens, contribua à mieux faire connaître la musique de ce grand-père érudit, trop discret il est vrai mais dont le visage plein de noblesse vous reste en mémoire.
Les œuvres figurant au programme proviennent des inépuisables archives INA et sont ici servies par des artistes de premier plan (Maurice Maréchal, Jeanne-Marie Darré, Charles Bruck, le Quatuor Parrenin, etc.) dont les seuls noms nous invitent à une nouvelle découverte – quand bien même ces musiques ont déjà été portées au disque.
Yvette Carbou

MARCEL CIAMPI

En concert à Paris, 1955-56
SOCD395
     

Né le 29 mai 1891, cinq mois jour pour jour après Yves Nat (1890-1956), son camarade dans la classe de Louis Diémer au Conservatoire national de musique, Marcel Ciampi appartient à cette génération dite d’“interprètes historiques”, enracinée dans le XIXe siècle, mais servie par l’évolution de la technologie, qui aura eu le privilège de léguer d’excellentes et nombreuses traces de son jeu.
Préservés sur bandes puis ignorés pendant plus de six décennies, les témoignages musicaux rassemblés sur le présent CD ont ceci de remarquable que la Radiodiffusion française les capta en public et sur le vif au milieu des années cinquante, lors de deux concerts donnés dans l’écrin de la “Maison Gaveau”.

PRÉSENCES LOINTAINES, Vol. 2

Andrew Zhou, piano
SOCD394

Le titre de cette collection “Présences Lointaines” est en lui-même un hommage au grand philosophe-musicien Vladimir Jankélévitch, celui pour lequel la Musique est encore le meilleur moyen et peut-être le seul d’exister et même de vivre éternellement. Certes, la femme de Loth se statufie en se tournant vers le passé et l’avenir se dérobe dans un brouillard polyphonique. Mais le présent, par le miracle de l’enregistrement, fait revivre Elisabeth Jacquet de la Guerre, flamboyante cousine de François Couperin, et Antoine Mariotte, que Vladimir n’a peut-être pas connu mais dont il aurait aimé la “verve” romantique et inspirée, la passion “à la française” et les “petites notes” à la Liszt qui éclaboussent les beaux chants du Nocturne. C’est avec l’hommage à Ravel de Didier Rotella que l’avenir se profile, et on y retrouve la flamme et les multiples éclats virtuoses ravéliens, enveloppant une trame mystérieuse et secrète.
Françoise Thinat

YVONNE LEFÉBURE

Enregistrements Inédits, Vol. 4
SOCD389/90
     

La pianiste à laquelle FY-Solstice rend hommage avec la publication de ces enregistrements rares et pour certains inédits appartient à l’histoire de la musique en France au XXème siècle. Elle en a été une actrice majeure à travers son enseignement, sa participation à de nombreuses émissions de radio, ses concerts et récitals et bien évidemment grâce aux disques qu’elle a enregistrés, dès avant la Seconde Guerre mondiale à laquelle elle a participé en s’engageant dès les premiers jours dans la Résistance. Yvonne Lefébure était à bien des égards une femme extraordinaire et une musicienne dont la liberté de jugement ne s’embarrassait guère de diplomatie, ce qui a pu nuire au développement de sa carrière internationale [...]. Lefébure était avant tout une musicienne et une femme libre dans un monde qui l’était peu.
Alain Lompech